La Société en France des Fils de la Révolution Américaine est la première société fédérale, à l’extérieur des États-Unis, de The National Society of the Sons of the American Revolution (NSSAR)www.sar.org

Le siège de la « National Society » est implanté à Louisville, dans l’État du Kentucky. Cette société est organisée en chapitres étatiques. Il y a donc une société pour chacun des 50 États de l’Union, réunissant chacune plusieurs chapitres (506 chapitres américains pour 37.000 membres aux États-Unis en 2018), auxquels s’ajoutent la Société en France et des sociétés au Canada, en Allemagne, au Mexique,  en Espagne, au Royaume Uni, en Suisse et en Belgique, ces deux dernières étant désormais rattachées à la Société en France.

La Société a son propre drapeau reconnu aux États-Unis comme un emblème officiel autorisé à être arboré aux côtés du drapeau américain et ses insignes.

Seize présidents des États-Unis ont été membres de la National Society SAR.

Adresse de la NSSAR : 809 West Main Street,  Louisville, Kentucky 40202, USA

Les origines de la National Society of the Sons of the American Revolution

1876 : un grand élan patriotique

Dans les années 1870, les États-Unis sortent tout juste de la guerre de Sécession (Civil War) qui a déchiré le pays de 1861 à1865. Les Américains ressentent alors le besoin de se rattacher à ce qui les avait unis, la Guerre d’Indépendance, (Revolutionary War) pour mieux oublier ce qui les avait séparés, de se rassembler autour du drapeau et de glorifier leur pays. L’approche de l’année 1876, allait leur permettre de célébrer tout à la fois le souvenir des combats de 1775 : Concord, Lexington et Bunker Hill et le centenaire de la déclaration d’Indépendance, le 4 juillet 1776, à Philadelphie.

C’est donc dans cet état d’esprit, le Spirit of 1776, qu’un certain nombre de fils ou petits-fils des combattants de la Guerre d’Indépendance vont ressentir le besoin de revenir aux sources et de commémorer l’événement fondateur et unificateur de la jeune nation américaine. Et ceci d’autant plus que, sous les vagues successives des quarante millions d’immigrés qui étaient venus peupler le pays au XIXème siècle, la flamme qui avait animé les quatre millions de pionniers des treize États de 1776 commençait à vaciller.

Un grand mouvement patriotique va alors s’étendre à travers le pays, fait d’un mélange de reconnaissance et de fierté pour les acteurs de la Guerre d’Indépendance et de respect pour les institutions et la constitution des États-Unis d’Amérique.

La Society of the Revolutionary Sires.

Cette fièvre va atteindre également la Californie. Le vendredi 22 octobre 1875, sept descendants de combattants se réunirent dans le bureau du Docteur James L. Cogswell, au 230 Kerney Street à San Francisco, et constituèrent la Society of the Revolutionary Sires.

Le 26 juin 1876, un article publié dans le journal The Alta California suggérait que le 4 juillet, lors du défilé dans les rues de San Francisco qui commémorerait le centenaire de l’Indépendance, les combattants de la Revolutionary War soient représentés par leurs fils ou leurs petits-fils. Le lendemain, le même journal invitait les descendants à se faire connaître auprès de la Society of the Revolutionary Sires. Le 1er juillet, quatre-vingt-huit d’entre eux se retrouvaient au Palace Hotel pour élire le bureau de l’association. Ils fixèrent le montant de la cotisation à 1 US $ et jurèrent sur l’honneur qu’ils descendaient d’un patriote de la Guerre d’Indépendance. Onze d’entre eux, dont les âges allaient de 87 ans pour le plus vieux à 50 ans pour le plus jeune, étaient les propres fils de combattants. Tous se retrouvèrent dans les rues de San Francisco pour défiler le 4 juillet. Ainsi naquit notre première société !

Les Sons of the Revolution.

Dans le même temps et pour les mêmes raisons, John A. Stevens fondait à New York une association qui regroupait les descendants des combattants de la Guerre d’Indépendance. En 1883, à l’occasion des cérémonies qui marquèrent le centenaire de l’évacuation de la ville par les troupes britanniques, celle-ci prit le nom de Sons of the Revolution et adopta des statuts qui prévoyaient que des délégations pouvaient être créées dans d’autres états, l’association new-yorkaise restant la société « mère ». La société du New Jersey fut la première à s’affilier, bientôt suivie par onze autres états.

1889: Assemblée fondatrice à  la Fraunce’s Tavern de New York

Le 30 avril 1889, la société du New Jersey invita les autres sociétés à se réunir à New York, dans la Long Room de Fraunce’s Tavern, là même où George Washington réunit ses officiers le 3 décembre 1783. L’ordre du jour de la réunion prévoyait l’étude de la création d’une société nationale. Vingt délégués représentaient treize sociétés d’État, dont la Société californienne des Revolutionary Sires.

L’assemblée, décidant de s’affranchir de la tutelle de la société mère new-yorkaise, fonda la National Society of the Sons of the American Revolution où toutes les sociétés d’état seraient égales et indépendantes. Dix-huit sociétés d’État adhérèrent à ce projet, tandis que les Sons of the Revolution ne conservaient que deux sociétés, la société mère de New York et celle de Pennsylvanie. Malgré tous les efforts de rapprochement entrepris depuis cent vingt-trois ans, les Sons of the Revolution new-yorkais, dont le siège est toujours à Fraunce’s Tavern, n’ont jamais rejoint la société nationale.

A l’issue des deux jours de congrès, un bureau fut élu, et parmi les dix-sept vice-présidents, on trouve comme représentant de l’Ohio Rutherford Birchard Hayes (1822 – 1893), qui avait été le 19ème président des États-Unis de 1877 à 1881, et comme représentant de la France le dernier marquis de La Fayette, Edmond, (1818-1890) qui était le propre petit-fils du général.

Une Société « misogyne »: le congrès de Louisville en 1890 

Le premier congrès de la NSSAR eut lieu à Louisville dans le Kentucky le 30 mai 1890. Il rassemblait vingt-huit sociétés d’État, représentant 2 500 adhérents.

Le point principal à l’ordre du jour tourna autour de la question de l’admission des descendantes de combattants de la Guerre d’Indépendance. Trois sociétés admettaient les femmes, le New Hampshire, l’Ohio et le Missouri. Il fut cependant décidé après des débats très animés de n’admettre que les hommes âgés de plus de 21 ans, descendants en ligne directe d’un combattant. A l’époque, on a expliqué cette misogynie par le nombre élevé d’anciens militaires qui figuraient parmi les délégués.

Cette décision dut en décevoir plus d’une et très peu de temps après la tenue du congrès de Louisville, le 2 octobre 1890, une poignée de femmes résolues, avec l’aide de membres éminents des Sons, créèrent les Daughters of the American Revolution et élurent Mrs Caroline Scott Harrison comme Présidente Générale. Elle était l’épouse d’un Son, Benjamin Harrison, 23ème président des États-Unis depuis 1889. Celui-ci avait sans doute de qui tenir, puisqu’il était l’arrière-petit-fils d’un autre Benjamin Harrison, signataire de la Déclaration d’Indépendance, et le petit-fils de William Henry Harrison, 9ème président des États-Unis.

1890-1914 : une association patriotique qui se développe rapidement

Les années qui suivirent le premier congrès de la NSSAR à Louisville dans le Kentucky le 30 mai 1890 virent un rapide développement des Sons of the American Revolution. En 1892, ils comptaient 3 500 membres, dont 200 était des fils de combattants, au sens propre du terme. (Le dernier « vrai » fils, William Comfort Wheeler, de la Société du Vermont, est mort en 1941, âgé de 93 ans). En 1914, ils sont 13 000.

1906 : l’octroi d’une Charte par le Congrès

L’année 1906 va être marquée par l’octroi par le Sénat et la Chambre des Représentants, réunis en Congrès, d’une Charte qui porte la signature pour approbation du 26ème Président, Theodore Roosevelt. Ce dernier était membre des Sons depuis 1898, comme descendant de Jacobus Roosevelt, capitaine dans la milice de New York, mort en 1777 et de son fils, Jacobus I. Roosevelt, qui servit comme intendant militaire durant toute la Guerre d’Indépendance.

A cette époque, seules trois autres organisations nationales avaient eu le même honneur de la part du Congrès : la National Society of the Daughters of the American Revolution, la National Society of United States Daughters of 1812[1] et la Croix Rouge Américaine.

Le fait de recevoir une Charte impose à l’association de fournir un rapport annuel d’activité au Congrès.

L’article 2 de ce document, précieusement conservé au siège de la Société Nationale au 809W Main Street, à Louisville, Kentucky, décrit parfaitement l’esprit qui anime toujours les Sons of the American Revolution :

« L’objet de ladite association est patriotique, historique et éducatif. Celle-ci perpétue le souvenir de ceux qui, par leurs actions ou leur sacrifice durant la Révolution Américaine ont permis au peuple américain de conquérir son indépendance. Elle permet à leurs descendants de se retrouver et d’honorer les principes de gouvernement mis en œuvre par leurs ancêtres, d’encourager les recherches historiques sur la Révolution Américaine, d’acquérir et de préserver les archives relatives aux états de service des combattants, ainsi que les documents et souvenirs relatifs à cette période, d’élever des monuments et d’apposer des plaques commémoratives sur les lieux qui ont marqué cette épopée, de célébrer les dates anniversaires des batailles et des évènements en relation avec la Guerre d’Indépendance, d’encourager le patriotisme, de préserver et de développer l’esprit de liberté qui anime les institutions américaines et de mette en œuvre les principes édictés dans le préambule de la Constitution de notre pays et dans les recommandations faites par George Washington lors de son discours d’adieu au peuple américain. »

Sur ces principes, les Sons vont mettre en œuvre trois actions de longue haleine  : la conservation des archives, la volonté d’honorer le drapeau et la célébration de la Constitution,

[1]  Cette Société féminine requiert de descendre en ligne directe d’un ancêtre qui a rendu à la nation d’éminents services civils ou militaires entre 1783, fin de la guerre d’Indépendance et 1815, fin de la guerre de 1812 contre les Anglais.

Comte Thierry de Seguins-Cohorn
Historien de la Société en France des SAR

Sources : – The History of the National Society of the Sons of the American Revolution, par John St. Paul, Pelican Publishing Company, Gretna (Louisiane) 1998 – Centenial History of the National Society of the Sons of the American Revolution 1889-1989, Turner Publishing Company, Paducah (Kentucky) 1991