Notre histoire
Du Chapitre de Paris (1897) à la reconnaissance d'utilité publique – Présidents, couleurs et insigne
Histoire de la Société en France des Fils de la Révolution Américaine
Fondation d’un Chapitre à Paris en 1897
Lors de la réunion fondatrice de la National Society of the Sons of the American Revolution (NSSAR) le 30 avril 1889 à New York, un Français, Edmond, marquis de La Fayette (1818-1890), figurait parmi les dix-sept vice-présidents élus ce jour-là. A cette époque, il ne devait cependant représenter que lui-même, et son illustre grand-père bien sûr !

Edmond du Motier, marquis de La Fayette
Cependant, le principe d’admettre au sein des Sons les descendants des combattants français avait été très vite acquis par la NSSAR. De même avait été admise la possibilité pour ceux-ci de se constituer en Chapitres, officiellement reconnus par la NSSAR.
Il fallut cependant attendre le 16 septembre 1897 pour qu’un Chapitre soit créé à Paris, sous l’énergique impulsion du général Horace Porter, ancien président général des NSSAR de 1892 à 1897, date à laquelle il fut nommé ambassadeur des États-Unis à Paris. Ce premier Chapitre regroupait une trentaine de membres, tous américains, sous la présidence du lieutenant de vaisseau Walter J. Sears, de l’US Navy.
Les premières années furent difficiles, la IIIe République étant très suspicieuse envers les associations, regroupant des Français comme des étrangers. Il fallut attendre le début du XXe siècle pour permettre à celles-ci de se développer, désormais encadrées par la loi du 1er juillet 1901.
De 1899 à 1905, le général Horace Porter prit une part active aux recherches des restes du Captain John Paul Jones, une des figures de la jeune marine américaine durant la guerre d’Indépendance, décédé à Paris en 1792. Ceux-ci furent retrouvés dans l’ancien cimetière Saint Louis, rue de la Grange aux Belles devenu terrain vague, et solennellement transférés en 1906 à l’Académie Navale d’Annapolis.
En 1910, le Chapitre était présidé par le général Porter et comptait dix-huit membres, la réunion annuelle se tenait le 19 avril, jour anniversaire de la bataille de Lexington. En 1913, elle ne comptait plus que 13 membres.
Ceux-ci avaient pris l’habitude de se retrouver le jour de l’Independance Day sur la tombe du marquis de La Fayette, au cimetière de Picpus, où reposent les victimes des tribunaux révolutionnaires, guillotinées place de la Nation, ainsi que leurs familles.

Le drapeau des SAR et la garde aux drapeaux des États-Unis. Cimetière de Picpus le 3 juillet 2024
À partir de 1917, ils organisèrent une cérémonie très sobre au cours de laquelle, tous les 4 juillet, le drapeau est renouvelé pour une année. L’ancien pavillon est amené, plié soigneusement, et remis solennellement à une association patriotique ou à une personnalité que l’on veut honorer. Il est à souligner que ce drapeau déployé pour la première fois par l’ambassadeur des États-Unis Edward Livingstone le 4 juillet 1834, année du décès de La Fayette, n’a jamais cessé de flotter, même après l’entrée en guerre des États-Unis contre l’Allemagne, en 1942. Le gardien du cimetière, monsieur Bernières, le renouvela deux fois, en toute discrétion. Des officiers allemands qui visitaient le cimetière virent bien la Star Spangled Banner, mais n’en rendirent sans doute pas compte à leur hiérarchie. Le 4 juillet 1945, la tradition put reprendre, et celle-ci perdure toujours chaque 4 juillet.
Après la première guerre mondiale, sous l’impulsion d’un SAR américain qui vivait à Paris, Edward H. De Neveu, et de l’ambassadeur des États-Unis à Paris, Myron T. Herrick, francophile convaincu, la Chapitre français va voir ses effectifs renforcés par de nombreux descendants d’officiers français qui avaient combattu sur les théâtres de la guerre d’Indépendance. Vont rejoindre entre autres les descendants du général de La Fayette, du Maréchal de Rochambeau et de l’amiral de Grasse.
Les débuts de la Société en France des Fils de la Révolution Américaine
Le 19 octobre 1926, la NSSAR a autorisé le Chapitre français à devenir une société à part entière et le 4 février 1927, la Société en France des Fils de la Révolution Américaine était créée. C’était la première fois qu’une société de Sons non américaine voyait ainsi le jour. Le premier Conseil était composé de cinq Français et de trois citoyens américains. Le marquis de Chambrun en était le président, assisté par deux vice-présidents, Edward H. De Neveu, cheville ouvrière de la transformation du Chapitre en Société et le Major Albert B. Cudebec, ancien de la prestigieuse université Cornell, qui avait servi comme officier du Génie dans l’état-major du général Pershing, Le vicomte Charles Benoist d’Azy cumulait les fonctions de secrétaire général et de trésorier, le comte de Luppé était archiviste. Le marquis de Rochambeau complétait le Conseil, ainsi que le duc de Broglie et Francis Warrington Dawson II, connu comme journaliste et chroniqueur diplomatique sous le nom de Warrington Dawson. Il était secrétaire général de l’Association des journalistes étrangers à Paris.

Signature du traité d’alliance franco-américaine, le 6 février 1778, à Paris
Les présidents de la Société en France
Quatre membres de la famille Pineton de Chambrun, possédant chacun une très forte personnalité, vont occuper successivement la présidence de la Société jusqu’en 1988. Ils avaient pour ancêtre Virginie de Lasteyrie du Saillant, dernière fille de Gilbert de La Fayette et de son épouse Adrienne de Noailles. À Pierre de Chambrun, député puis sénateur de la Lozère, va succéder son frère, Charles, ambassadeur de France et membre de l’Académie Française. En 1952, c’est le dernier des trois frères, le général Aldebert de Chambrun, qui va le remplacer. Ce dernier va passer en 1958 le relais à son fils, René de Chambrun, qui va rester trente ans à la tête de la Société, jusqu’en 1988. Avocat au barreau de Paris et de New York, président des cristalleries de Baccarat, il avait pour parrain de baptême William Taft, 27e président des États-Unis. Lors de son mariage avec Josée Laval, ses témoins étaient le général Pershing et sa tante Alice Lee Roosevelt, épouse du frère de sa mère, Nicholas Longworth, et propre fille de Theodore Roosevelt, 26e président des États-Unis !
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| Pierre de Chambrun | Charles de Chambrun | Aldebert de Chambrun | René de Chambrun |
En 1988, c’est le comte Michel de Rochambeau, autre nom illustre de la guerre d’Indépendance, qui va assurer la relève, avant de passer le flambeau en 1992 à Hélie de Noailles, duc d’Ayen puis duc de Noailles. Celui-ci le transmettra à son tour en 2014, après vingt-deux ans de mandat, à Martin Boyer qui en 2022, va passer le relais à Patrick Mesnard.
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| Michel de Rochambeau | Hélie, duc de Noailles | Martin Boyer | Patrick Mesnard |
Quelques administrateurs « immortels »
Trois membres de l’Académie française ont siégé au conseil d’administration de la Société : Charles de Chambrun, cité plus haut, Maurice de Broglie et René de Castries.
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| Comte Charles de Chambrun | Maurice, duc de Broglie | René de La Croix, duc de Castries |
La Société a également compté parmi ses membres deux généraux de corps d’armée, Aldebert de Chambrun, déjà cité, et Paul Hazan, chef du Service Historique des armées puis commandant supérieur des troupes de Tunisie et membre de l’Académie des sciences coloniales.

Jacques de Trentinian
Il convient également de mentionner Jacques, comte de Trentinian, Historian de la Société, décédé en 2017. « Homme-orchestre » du Conseil, organisateur hors pair de voyages sur les champs de batailles américains, il possédait une connaissance encyclopédique de la guerre d’Indépendance. Animateur du Comité d’Histoire, il a défendu, « pied à pied », comme Vice-President General « Europe district » de la NSSAR, la place primordiale de la France dans le processus de mise en œuvre de l’indépendance des États-Unis, que certains voulaient remettre en cause.
Quelques dates
- 19 octobre 1926, la NSSAR autorise le Chapitre français à devenir une société à part entière
- 4 février 1927, la Société en France des Fils de la Révolution Américaine est créée. Elle est la seule Société fédérale non-américaine
- 2 juillet 1934, Déclaration comme association loi 1901
- 14 octobre 1989, sur l’instigation et avec le concours de la société en France, un monument est élevé sur le champ de bataille de Yorktown, rappelant que plus de 75 000 Français ont participé à la guerre d’Indépendance et que plus de 15 000 d’entre eux ont donné leur vie durant les opérations.
- 1er semestre 2010, le Judge Edward Butler, président général en exercice de la National Society, est venu solennellement à Paris signer l’accord faisant de la Société en France des Sons une société partenaire des sociétés américaines avec un statut spécial de semi-autonomie. Ce statut, comportant l’échange de présidents et de vice-présidents d’honneur, accorde une plus grande latitude d’organisation à la Société en France, tout en reconnaissant son rôle comme représentante de la seule nation alliée directement aux États-Unis pendant la guerre pour leur indépendance. Pour autant, les membres de la Société en France n’en continuent pas moins à être membres à part entière de la grande famille des Sons of the American Revolution
- 31 décembre 2013, la Société en France est reconnue d’utilité publique (JORF du 3 janvier 2014)
Les couleurs de la Société des Fils de la Révolution Américaine
En 1890 lors du congrès de Louisville, le bleu et le blanc furent adoptés comme couleurs de la Société des Fils de la Révolution Américaine. Ces trois couleurs étaient également celle de la société des Cincinnati, bien que le bleu des Sons fût plus foncé que celui des Cincinnati. En 1898, lors du 9e congrès qui se tint à Morristown dans le New Jersey, une troisième tonalité a été ajoutée, la couleur chamois. Ces trois couleurs étaient celles des uniformes portés par les troupes du général Washington durant la Guerre d’Indépendance. Ce sont celles qui supportent désormais notre insigne et qui flottent sur notre drapeau.

Les couleurs de la Société des Fils de la Révolution Américaine

George Washington
L’insigne de la Société des Fils de la Révolution Américaine
L’insigne des Sons of the American Revolution a été conçu et réalisé dans les années 1890 par le major Goldsmith Bernard West, vice-président de la société de l’état de l’Alabama.

L’insigne de la Société des Fils de la Révolution Américaine
Cet insigne se présente sous la forme d’une croix suspendue à un aigle. La croix est recouverte d’émail blanc et chacune de ses huit pointes est prolongée par une perle dorée. Elle est directement inspirée de deux décorations françaises, l’une créée par le roi Louis XIV, l’Ordre de Saint Louis, l’autre par l’empereur Napoléon Ier, la Légion d’Honneur et d’une décoration américaine, l’insigne de la Société des Cincinnati, dessiné en 1783 par un officier français, le major Lenfant, le futur architecte de la ville de Washington.
De l’Ordre de Saint Louis, l’insigne a conservé la croix mais en son centre figure le profil de George Washington, entourée de la devise « Libertas et Patria ». A la Légion d’Honneur, il a emprunté les palmes de lauriers, qui remplacent les fleurs de lys. L’Ordre de Saint Louis, qui fut la première décoration donnée par le roi de France en reconnaissance du mérite militaire des officiers, sans tenir compte de leur naissance, était fait pour séduire les Américains. Ce choix rappelle également le rôle éminent tenu par Louis XVI pour engager la France dans un conflit sans lequel l’indépendance américaine n’aurait pu être atteinte. Elle rend hommage à l’action aux côtés des troupes américaines des troupes françaises, dont les officiers étaient nombreux à arborer cette croix. Enfin, cette croix place la Société sous la protection de Dieu, comme c’est l’usage pour une association patriotique américaine : God Bless America !
De l’insigne des Cincinnati, on a conservé l’aigle, qui figure dans le Grand sceau des États-Unis d’Amérique, créé en 1782. Celui-ci rappelle que les deux Sociétés honorent les combattants de la Guerre d’Indépendance, à travers les aînés de leurs descendants pour la plus ancienne, par toute leur lignée pour l’autre.
Voir aussi : La NSSAR — Mission et vocation — Sociétés amies et liens
Références
- The History of the National Society of the Sons of the American Revolution, John St. Paul, Pelican Publishing Company, Gretna (Louisiane) (1998)
- Centenial History of the National Society of the Sons of the American Revolution 1889-1989, Turner Publishing Company, Paducah (Kentucky) (1991)










