Liberge de Granchain et l’amiral de Grasse, marquis de Tilly.

Grandchain (Eure, 18 juin)

Une délégation d’une dizaine de Sons s’est rendue le 18 juin aux cérémonies organisées par la commune de Grandchain (Eure) et le dynamique Richard Neill, président de l’Association Liberge de Granchain, pour commémorer le bicentenaire du décès de celui dont elle porte le nom.

Liberge de Granchain participa directement à la lutte pour l’indépendance américaine : combattant à Ouessant; major de l’escadre de Ternay ; représentant Barras à la capitulation de Cornwallis ; actif à la prise de St-Christophe ; major général de l’escadre rassemblée à Cadix en 1782 pour faire plier Londres en menaçant la Jamaïque.

Ce grand marin fut aussi un savant-géographe. On lui doit la description des parages de Terre-Neuve, au voisinage de laquelle une île porte son nom, d’où la présence à cette cérémonie de Canadiens, aux côtés des descendants français et mexicains (branche aînée des Bras de fer et cadette des La Barre de Nanteuil) de ce membre de l’Académie de marine.

En 1784, le ministre lui demanda de se joindre La Fayette de retour en Amérique. Il l’accompagne chez George Washington et le ramène en France sur sa frégate La Nymphe.

Ensemble de cérémonies émouvantes : messe avec évocations historiques et morales ; inauguration d’une plaque à sa mémoire (avec la contribution des Sons) au cimetière. Évocation également d’un autre marin reposant à ses côté, en présence de son descendant, notre collègue Féliks Rynski d’Argence.

Enfin saynètes historiques jouées avec talent par les enfants en plein air, dans le parc du châ-teau devenu maison de retraite. La municipalité a engagé une procédure pour que le nom du village retrouve l’orthographe de son ancien seigneur.

Beaumesnil

Après l’hommage à Granchain, les participants étaient invités par la communauté de communes à un cocktail dans le parc du superbe château (Louis XIII) de Beaumesnil, dont le dernier propriétaire de l’ancien régime, un Montmorency-Laval, neveu du colonel de Bourbonnais en Amérique, fut guillotiné à la Révolution. Visite de la maison et de ses superbes collections de reliures, obligeamment guidés par Frédéric Dumont-Saint-Priest, descendant du major-général de Kalb et président de la fondation qui a la charge de ce superbe patrimoine.

Tilly (Yvelines, 19 juin)

Le comte de Grasse avait acquis le château et le marquisat de Tilly, à la veille de son premier mariage, en janvier 1764.

C’est là qu’il se retira en 1784, exilé de la Cour après le Conseil de Guerre qui blâma les subordonnés qui l’avaient mal servi au combat des Saintes., parmi lesquels le fameux Bougainville. On lui reprocha en effet d’avoir rendu ses reproches trop publics.

Il mourut en 1788 à Paris ; son corps est à Saint-Roch mais, comme il l’avait voulu, son cœur fut inhumé à Tilly. Le château se dresse face à l’église, où reposent le cœur de l’amiral et les restes de sa dernière épouse, devant la place de l’Amiral et une longue allée privée. Il fut heureusement sauvé en 1936 par François Delalande, fondateur des fameux laboratoires.

Nous avons été reçus chaleureusement par sa fille et son gendre qui entretiennent amoureusement cette belle maison Louis XIII, flanquée de ses deux tours à l’original toit en coupole, dans un parc de 6 ha entièrement entouré de murs. Quatre canons de marine, répliques des canons anglais offerts à l’amiral par le Congrès en 1786 avec l’accord du Roi et transportés sur le Duc de Lauzun, ont été remis en place de part et d’autre de la grille d’honneur à l’occasion du bicentenaire de la Déclaration d’Indépendance.


De g. à dr. : JM Robine, Mme Delalande-Carpentier, Eliane et Xavier Nosten, Roger Carpentier, J de Trentinian, Loïc de Saint-Pol.