Prise de Saint-Christophe, Montserrat et Niévès
Le 13 février 1782, le marquis de Bouillé achève la reconquête de Saint-Christophe après un siège d'un mois contre la forteresse de Brimstone Hill
Le 13 février 1782, la forteresse de Brimstone Hill, réputée imprenable, capitule après un mois de siège. Cette brillante série d’opérations combinées mer et terre, menée par le marquis de Bouillé, priva les Britanniques de trois colonies rapportant 22 à 24 millions de livres par an, ainsi que d’une base navale d’une importance stratégique essentielle.
- Date : 11 janvier – 13 février 1782
- Lieu : Île de Saint-Christophe (Antilles)
- Commandant français : Marquis de Bouillé, gouverneur général des îles du Vent
- Forces françaises : environ 6 000 hommes
- Garnison britannique : 700 hommes du Royal Écossais, 150 du 15^e d’infanterie, 80 canonniers, 500 miliciens
- Résultat : Reconquête de Saint-Christophe, Montserrat et Niévès
Le choix de l’objectif
Après la reconquête de Saint-Eustache, le marquis de Bouillé, gouverneur général des îles du Vent, envisagea d’attaquer une autre île occupée par les Anglais et stratégiquement plus importante. Après avoir conféré avec le lieutenant général des armées navales de Grasse, dont l’escadre venait de revenir aux Antilles à l’issue de sa campagne victorieuse aux États-Unis, et envisagé successivement la reconquête de Sainte-Lucie et la prise d’Antigua, son choix se fixa sur l’île de la Barbade, mais le mauvais temps et la présence d’une forte escadre anglaise dans la rade de Carlisle Bay firent avorter ce projet. Le choix final se porta donc sur Saint-Christophe, bien que celle-ci fût défendue par la forteresse de Brimstone Hill, considérée comme imprenable.
Le siège
Le 11 janvier, les forces françaises arrivaient devant le port de Basseterre, capitale de Saint-Christophe, dont les édiles capitulèrent immédiatement et sans résistance, mais le major général Sir Thomas Shirley, gouverneur de l’île, et le brigadier général Thomas Fraser, commandant des troupes, s’étaient repliés à Brimstone Hill avec la garnison, composée de 700 hommes du Royal Écossais, 1^er régiment d’Angleterre, renforcés par 150 soldats du 15^e d’infanterie, 80 canonniers et plus de 500 miliciens, et armée de 66 canons et mortiers.
De leur côté, les troupes réunies par Bouillé comptaient 2 000 hommes des régiments de Touraine et d’Agenais commandés par le maréchal de camp de Rouvroy, marquis de Saint-Simon-Monbleru, 1 200 hommes des régiments de Champagne et d’Auxerrois placés sous les ordres du maréchal de camp de Marillac, vicomte de Damas, 1 200 hommes provenant des régiments de Dillon et de Royal Comtois, des grenadiers de la Martinique et des volontaires étrangers de la Marine, dirigés par le brigadier d’infanterie Arthur, comte de Dillon, et enfin 1 600 hommes des régiments d’Armagnac, de Viennois et de la Guadeloupe commandés par le maréchal de camp marquis Du Chilleau d’Airvault.
Le 15 janvier, le navire de transport français le Lion Britannique qui transportait la majeure partie de l’artillerie de siège fit naufrage à la suite d’une fausse manœuvre. Heureusement, l’épave était facilement accessible et le brigadier des armées navales d’Albert-Saint-Hippolyte organisa efficacement la récupération des canons, des mortiers et des boulets. Néanmoins, ce contretemps empêcha Bouillé de commencer le bombardement de la forteresse avant le 19 janvier.
L’intervention de Hood
Le 24 janvier, l’escadre anglaise commandée par le contre-amiral Samuel Hood et comptant 22 vaisseaux parut devant Saint-Christophe et, après un bref engagement avec les 29 vaisseaux du comte de Grasse, réussit à mouiller à Frigate Bay, dans le sud-est de l’île où elle débarqua, le 28 janvier, 1 200 soldats sous les ordres du major général Robert Prescott. Ces troupes tentèrent de marcher sur Basseterre, mais un groupement composé de 500 grenadiers, de 100 soldats du régiment de Dillon et de volontaires de Bouillé et placé sous les ordres du comte de Fléchin de Wamin, colonel en second du régiment de Touraine, leur opposa une résistance acharnée, donnant ainsi à Bouillé le temps de réunir 3 000 hommes pour contre-attaquer. Se voyant numériquement dominé, le général Prescott se replia alors et rembarqua ses hommes sur l’escadre de Hood.
La capitulation
Bouillé accrut son effort, installant et mettant en action, le 10 et le 11 février, quatre nouvelles batteries d’artillerie qui ouvrirent des brèches dans les remparts. Il mit alors sur pied une attaque générale de la position ennemie qui devait avoir lieu au petit matin du 14 février. Mais dans la nuit du 12 au 13, le général Fraser, qui avait perdu 400 hommes et 13 officiers tués ou grièvement blessés, demanda à capituler. Les honneurs de la guerre lui furent accordés et il sortit de la forteresse avec les survivants de sa garnison le 13 février à midi.
Le comte de Dillon fut nommé commandant militaire de Saint-Christophe dont la reddition entraîna celle de l’île voisine de Niévès. L’île de Montserrat fut ensuite enlevée par la division navale du lieutenant général des armées navales comte de Barras-Saint-Laurent qui en confia le commandement au comte de Fléchin.
Références
- Bataille de Saint-Christophe, Wikipedia — https://fr.wikipedia.org/wiki/Bataille_de_Saint-Christophe