Armand Louis de Gontaut, duc de Lauzun puis duc de Biron, soldat et homme politique français, commanda la Légion des Volontaires Étrangers de Lauzun pendant la Guerre d’Indépendance américaine. Membre fondateur de l’Ordre de Cincinnati, il fut guillotiné pendant la Terreur en 1793.

  • Naissance : 13 avril 1747, Paris
  • Décès : 31 décembre 1793, Paris (guillotiné)
  • Grade : Maréchal de Camp

Composition de la Légion de Lauzun aux États-Unis

Parmi les 56 officiers de la Légion (source : dictionnaire du colonel Bodinier) :

41 Français (soit 73 %), dont 4 Alsaciens (dont l’un de famille slovaque), 8 Lorrains (dont 3 de Moselle). 15 étrangers (soit 27 %), dont 5 Belges, 5 Polonais, 3 Irlandais, 2 nés en Angleterre de familles irlandaises.

Parmi les 576 soldats et bas officiers (source : contrôle de la troupe, ANSOM D2c32) :

504 Français (soit 87 %), dont 101 Alsaciens, 156 Lorrains (dont 11 de « Lorraine Allemande »), 247 de 50 différents départements français. 72 étrangers (soit 13 %), dont 51 de principautés allemandes, 8 de Belgique et Luxembourg, 4 de Suisse, 9 de divers pays.

Campagne en Amérique (juillet 1780 – mai 1783)

Directement issue, début 1780, des Volontaires étrangers de la marine créés en 1778 pour la Guerre d’Amérique, la Légion des Volontaires Étrangers de Lauzun a vécu l’exacte durée de sa participation à l’Expédition particulière confiée au comte de Rochambeau. Elle était composée de sept compagnies dont cinq partirent avec Rochambeau : grenadiers, chasseurs, artilleurs et deux escadrons de hussards. Les deux compagnies de fusiliers partirent plus tard et participèrent, sous Kersaint, à la reprise des comptoirs hollandais d’Amérique centrale.

Elle a assuré principalement les missions de flanc-garde et de liaison de cette armée et s’est notamment illustrée aux White Plains et surtout en refoulant la cavalerie de Tarleton à l’intérieur du fort de Gloucester lors du siège d’Yorktown.

Cette action, chronologiquement la première du siège, valut à son chef d’être désigné par Rochambeau pour apporter au Roi la nouvelle de la victoire. Dernière unité française présente en Amérique, la Légion a quitté la Delaware en mai 1783 et a été dissoute peu après son retour, donnant naissance aux Hussards de Lauzun.

Soixante-neuf hommes dont deux officiers avaient perdu la vie sur le sol américain. Quatre officiers parmi les blessés.

Embarquement à Saint-Malo

L’infanterie des Volontaires Étrangers de la Marine (duc de Lauzun en tête), alors campée entre Saint-Briac et Saint-Enogat (Dinard), embarquait à l’effectif de 27 officiers, 523 soldats et 35 valets, sur 6 bâtiments, dotés en tout de 9 chaloupes, d’une capacité totale de 159 hommes. Ils étaient munis de 1 138 paquets de cartouches pour la première distribution et de 946 paquets pour la réserve.

La cavalerie des Volontaires Étrangers de la Marine, alors campée à Saint-Lunaire, embarquait au nombre de 20 officiers, 110 hussards, 23 valets et 148 chevaux, sur 6 bâtiments dotés en tout de 5 chaloupes d’une capacité totale de 130 hommes. Ils emportaient en outre comme fourrage : 369 seaux d’avoine, 548 quintaux et 355 livres de foin.

Commémoration Lauzun à Ridgefield (CT), 225e anniversaire, le 1er juillet 2006

La ville de Ridgefield (Connecticut) a célébré le 1er juillet le 225e anniversaire de l’arrivée de la Légion de Lauzun, en marche vers le siège de New York puis de Yorktown.

À cette occasion, les « Hussards de Lauzun », association des anciens du 5e Hussards (et depuis peu des descendants d’anciens du 5e Hussards ou de la Légion de Lauzun en Amérique) avaient organisé une délégation qui fut chaleureusement accueillie par le maire de Ridgefield, l’association W3R du Connecticut, et les associations patriotiques locales. Les voyageurs français ont été reçus et logés par des familles américaines, le descendant d’un capitaine de la Légion pendant la guerre d’Amérique a été fait citoyen d’honneur de la ville au cours d’un bal en costumes du XVIIIe, qui faisait suite à une journée où Washington, Rochambeau, Barras, les Hussards, etc., représentés par des patriotes américains en uniformes de l’époque ont présidé une prise d’armes et procédé à l’inspection d’un campement reconstitué.

Comte Thierry de Seguins-Cohorn, Historien de la Société en France des SAR


Références